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Doublet à la Braderie de l'Art 2019 !

DOUBLET À LA BRADERIE DE L'ART 2019 !

En décembre prochains aura lieu l'édition 2019 de la Braderie de l'Art by Art Point M, à la Condition Publique à Roubaix.

Le concept : Créer un événement atypique qui rassemble 150 artistes et designers internationaux dans un même lieu pendant 24h non-stop. les artistes "transformeurs" créent "en live" et vendent eux-mêmes leurs pièces entre 1 et 300 €. Le tout uniquement avec des matériaux de récupération recueillis auprès des entreprises locales, pour une initiative à la fois créative et responsable, qui donne au public l'occasion de vivre une expérience artistique hors-norme !

Une démarche zéro-déchet, qui permet de mieux réutiliser et recréer pour moins détruire. c'est une nouvelle conception du design : « Ce qui faisait problème devient une solution »

Cette année encore, Doublet sera de la partie, car les organisateurs de la Braderie de l'Art sont venus collecter, dans nos locaux d'Avelin, de nombreux produits de récupération pour les artistes : plaques en polypropylène, chutes d'adhésifs imprimés, PVC perforé... L'occasion pour nous de rencontrer Sabine Duthoit, de Art Point M (organisatrice de la Braderie de l'Art), qui nous parle de cet événement unique, original et décalé.

Pouvez-vous nous raconter l'histoire de la Braderie de l'Art ?

Sabine Duthoit : «L'histoire commence avec Fanny Bouyagui, actuelle directrice artistique de Art Point M. En 1991, elle se promène dans les rues lilloises avec sa maman... Et flashe littéralement sur une œuvre d'art située dans une vitrine. Seul hic : le prix, 5000 francs. «C'est le salaire de ton père», fait remarquer la mère de Fanny.

C'est de là, de cette balade, que naît la Braderie de l'Art. L'objectif est de rendre l'Art accessible à tous. Le concept : enfermer des artistes internationaux pendant 24h, les faire créer à partir d'objets de récup' et vendre leurs œuvres entre 1 et 1000 francs à l'époque, aujourd'hui entre 1 et 300 €.

Pour justifier les petits prix, nous avions besoin d'objets à bas coût, en fin de vie, d'où le concept d'objets de récup' collectés auprès d'entreprises locales et des Emmaüs.

La première édition a lieu dans les Anciens Bains Municipaux de Roubaix, qui deviendront «La Piscine», puis la Braderie de l'Art investit diverses friches industrielles, jusqu'à arriver à la Condition Publique de Roubaix, où l'on se sent plutôt bien !

Le concept est identique depuis 1991, le but est de favoriser la création artistique et de mettre la Culture et l'Art à la portée du plus grand nombre. Et le pari est réussi : le samedi, à 19h, au moment de l'ouverture des portes, on se croirait au lancement des soldes ! De nombreux initiés savent que c'est l'un des rares moments, si ce n'est le seul moment de l'année, où ils pourront acquérir une pièce unique, de collection, pour le prix d'une belle paire de baskets !»

Braderie de l'Art

Comment le projet a-t-il évolué ?

Sabine Duthoit : «L'idée de départ est toujours là : nous voulons redonner un usage à un objet banal et sans vie, le revaloriser, lui donner un nouveau souffle. Outre le lieu d'accueil qui a changé, la dimension écologique et responsable est désormais au cœur des projets. En 1991, nous voulions des produits de récup' pour garantir des prix abordables. Aujourd'hui, il y a une réelle sensibilisation par rapport à la valorisation des déchets, c'est pourquoi nous sollicitons les entreprises locales. Certaines matières, les plastiques par exemple, sont difficilement valorisables, et nos artistes, eux, s'en servent pour créer quelque chose de complètement nouveau, avec une nouvelle fonction, ils offrent une nouvelle vie à des matériaux qui n'en auraient pas trouvée ailleurs.

Depuis 8/9 ans, nous avons de plus en plus de designers, qui comme nous défendent l'idée d'un processus de création court, bien loin de la production de masse, standardisée. Leurs créations sont uniques et faites 100% avec des matériaux destinés à la benne. On constate d'ailleurs une vraie révolution esthétique qui en découle directement. Les artistes soudeurs par exemple, font de plus en plus de meubles en métal, chose qu'ils ne faisaient absolument pas auparavant !

Cette année, nous collaborons avec All Trends, menée par Grégory Sant, qui est une société lilloise spécialiste de l'impression 3D, capable de créer de très grands formats avec des matériaux variés. De nouvelles aventures en perspective donc !»

Braderie de l'Art panneau

Pourquoi enfermer les artistes, qui dorment même sur place ?

Sabine Duthoit : «Pour la performance, pour favoriser le processus de création, qui ne serait pas le même si les artistes n'étaient pas complètement isolés. Tout le monde dort à la Condition Publique, c'est très drôle car certains artistes sont très bien équipés, avec du matériel de camping de pro, et d'autres dorment entre deux cartons, sans rien !

A l'époque, nous laissions le lieu ouvert au public H24, les artistes étaient donc «libres» aussi. Désormais, nous fermons de 3h30 à 8h30, ce qui permet de laisser une pause aux artistes. Il faut savoir que c'est une vraie performance de créer devant un public pendant 24h, certains artistes ne sont pas du tout familiers avec cette méthode de travail. Nous avons connu des années où des artistes, désorientés, étaient incapables de créer quoi que ce soit !

La pause fait du bien physiquement et mentalement, car ce processus de création non-stop est réellement éprouvant, c'est un vrai challenge. Et au-delà de ça, le petit-déj' collectif, avec les 150 artistes ensemble, peut donner lieu à de nouvelles inspirations !»

Braderie de l'Art inspiration

Comment se passe la distribution des matériaux récupérés ?

Sabine Duthoit : «Il y a une grande part d'aléatoire, mais nous demandons quand même aux artistes d'avoir une première idée, même vague, de leur projet, de le définir en amont, d'autant que certains artistes n'ont pas l'habitude de travailler les produits de récup'. Ils nous transmettent une ébauche de liste en avance et nous essayons au maximum de répondre à leurs besoins en leur trouvant du carton, du PVC, du tissu... On souhaite même aller au-delà de leurs besoins, en anticipant ! De fait, les artistes voient ce qu'on a récupéré et se disent : «Ah tiens, vous avez ceci ou cela, je n'y avais pas pensé mais ça peut être intéressant, je peux ?»

On recrée un véritable hypermarché de la récup' ! Nous avons même quelques caddies pour stocker les matériaux, un vrai magasin !

Grâce à ça, certains de nos artistes ont connu un petit succès, en utilisant et en combinant les objets par le plus grand des hasards. Régis R Vidal par exemple, a crée sa fameuse lampe bidon lors de l'édition 2001, en associant une lampe à un vieux bidon de plastique. Au total, c'est pas moins de 2000 m3 de matériaux qui sont mis à disposition des artistes, donc forcément, ça fourmille d'idées et de trouvailles !»

Braderie de l'Art chaise

Et à côté de la Braderie de l'Art, quelles sont les activités de Art Point M ?

Sabine Duthoit : «Depuis plusieurs années, nous collaborons avec Lille Design pour superviser la Résidence Design, conçue comme un laboratoire d'idées. La volonté est de repenser la vie en ville, d'améliorer le quotidien des citadins grâce au design. Nous valorisons de toutes nouvelles manières de produire, des matériaux innovants auxquels on ne pense pas forcément et qui aident à construire la ville de demain. Cette année, la Résidence s'associe au concours international «Design For Change» qui s'adresse aux écoles de design du monde entier. Six projets issus du concours sont entrés en résidence en octobre dernier à l'ESA de Tourcoing. Les premiers prototypes seront visibles à la Braderie de l'Art.


Propos recueillis auprès de Madame Sabine Duthoit. Nous tenons également à remercier Monsieur Antoine Sauvage.


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Crédits photos des précédentes éditions: © Philippe Bousbib et Braderie de l'Art

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